Je me considère comme quelqu'un de cultivé, d'intellectuel et même d'érudit. Et pourtant, je n'ai jamais aimé l'école.Si j'avais de bonnes notes à l'école primaire et au secondaire, c'est parce que mon père, un homme qui m'a inculqué des valeurs dures mais solides, exigeait que nous revenions à la maison avec un bulletin truffé de ''A''. Mais comme je m'ennuyais en classe! Ne trouvez-vous pas vous aussi qu'il y a quelque chose d'inhumain, de contre-nature et de cruel à demander à des enfants et à des adolescents de rester assis à un pupitre et d'écouter gentiment en silence un enseignant plusieurs heures par jour? Les jeunes ont besoin de bouger, d'explorer, de créer!
Au cégep, c'était un peu mieux. Nous avions des enseignants passionnés par notre sujet d'étude : la littérature. Ces enseignants étaient charismatiques et ils avaient le don de faire participer leurs étudiants écrivains en herbe. Leurs cours étaient dynamiques. Mais il m'arrivait quand même souvent de m'endormir en classe, surtout dans les locaux sans fenêtre. En fait, ce qui m'a empêché de décrocher au cégep, c'était la vie étudiante et ma participation à la création d'une revue littéraire avec d'autres jeunes poètes bohémiens, tous des êtres passionnants.
C'est à l'université que ça c'est vraiment gâté pour moi. Subir des monologues longs de trois heures dans des amphithéâtres sans fenêtre et cafardeux où on n'entend que la voix monotone du professeur et les toussements des élèves, c'était trop pour moi. De plus, toute cette théorie littéraire qu'on nous enseignait, les Roland Barthes et autres gribouilleurs, me semblait si intellocrate, si stérile, si soporifique! Je trouvais qu'à force de disséquer les oeuvres littéraires, on finissait par ne plus contempler que des cadavres d'oeuvres, et que concevoir l'analyse littéraire comme une vivisection avait quelque chose de mortifère pour la sensibilité esthétique.
J'ai fini par décrocher de mes études, que je n'ai complétées qu'après trois années de relâche, par pur orgueil! Bon débarras!
Aujourd'hui, je poursuis mon éducation littéraire, mais selon mes propres règles. Ma méthode: lire, lire, lire, vivre l'oeuvre, puis la commenter. Mon style d'analyse littéraire est inspiré de ceux de Charles Baudelaire et de Friedrich Nietzsche, deux hommes abondamment cultivés mais pour qui toute oeuvre de l'esprit doit aussi faire appel aux passions. Mon style n'est pas objectif, scolaire et prétentieux. Mon style est subjectif, passionné, et tout à fait arrogant! Je préfère les dythirambes et les diatribes qui expriment les passions qu'a suscité l'oeuvre plutôt que les sèches analyses académiques qui ne font qu'approfondir l'oeuvre, c'est-à-dire l'enterrer sous six pieds de rhétorique dépourvue de vie.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire