lundi 30 novembre 2009

Deux peuples, deux mesures?

Pierre Falardeau, un séparatiste convaincu et coloré, se sert des leçons de l'Histoire pour affirmer que les peuples minoritaires finissent toujours par disparaître, assimilés ou détruits par les peuples majoritaires. En entrevue aux Francs-Tireurs, il a dit :

Les peuples qui vont survivre c'est les peuples qui se donnent un état. Qu'on soit pour ou contre. Les Israéliens à moment donné se sont dit : ''Nous on va se donner un état. Plus personne va nous emmerder.

Falardeau fait donc un lien entre les causes québécoise et israélienne. Ce sont deux peuples qui ont été opprimés et qui sont menacés de disparaître, sauf que un se donne les outils pour survivre alors que l'autre se contente des conforts du ''néo-colonialisme''.

Faire ce lien est lourd de conséquences. En effet, j'ai cru remarquer que beaucoup de mes concitoyens souverainistes ont des sentiments anti-israéliens. Je pense notamment aux porte-paroles de Québec Solidaire. Faut-il croire que la sympathie de ces souverainistes est sélective ? Qu'ils pensent que certains peuples on le droit de se doter d'un état mais que d'autres non ?



(Le commentaire à propos d'Israël se trouve à 2:35 du début du vidéo.)

dimanche 29 novembre 2009

Autre recette facile de poulet

Pour les recettes de poulet sauté, voici la marinade préparatoire parfaite, imaginée par les géniaux cuisiniers de la province chinoise de Guangdong :

Faire mariner 1 livre de blanc de poulet en cubes dans une mélange de :

- 1 cuillerée à table de sauce soya
- 1 cuillerée à table de vin de riz salé Shaoxing
- 1 oignon vert (échalotte chinoise, ''spring onion'') haché
- 1 cuillerée à table de gingembre frais râpé
- 1 gousse d'ail hachée

Laisser mariner au moins 30 minutes. Votre poulet sera tendre et goûteux.

La recette de poulet la plus facile au monde

La beauté du poulet, c'est que c'est une viande naturellement délicieuse et facile à cuisiner. Le poulet s'apprête à toutes les sauces. Et pour le maître-queux aussi raffiné que paresseux que je suis, le poulet est un plaisir à cuisiner !

Voici, donc, la recette de poulet la plus facile au monde :

1. Acheter des cuisses de poulet non-désossées. C'est les moins chères.

2. Ne pas enlever la peau. TARTINER les cuisses avec beaucoup de moutarde de dijon.

3. Les faire cuire au four dans un creuset recouvert (Corningware ou autre) à 220 celcius pendant 45 minutes grosso-modo.

Voilà. C'est tout. Et c'est délicieux, parce que le poulet est délicieux en soi. Plus facile que ça, et tu manges du surgelé !

Marathon cinéma

Brüno, 2009, États-Unis

Après Borat, Sacha Baron Cohen nous donne Brüno. Après le reporter Kazak vulgaire à l'extrême, le fashionista Autrichien vulgaire à l'extrême. La vache à lait de Sacha Baron Cohen est décidément la vulgarité, mais aussi la provocation. Il commet attentat sur attentat contre le bon goût... mais pourquoi ? Pour provoquer quelques rires embarassés chez son public ? Voilà le problème avec l'humour pipi-caca : on aime ou on déteste, mais on ne peut pas aimer sans être jugé infantile et on ne peut pas détester sans être jugé sainte-nitouche.

Ceci dit, la formule Cohen se montre drôlement efficace lorsqu'il s'agit de surenchérir sur le grotesque des gens. La scène la plus réussie du film est celle ou Brüno l'über-homosexuel se déguise en Straight Dave, un lutteur redneck ultra-homophobe, et qu'il provoque le public des matchs de lutte avec une harangue anti-gay. La foule de rednecks déchaîne alors ses passions homophobiques de la façon la plus grossière qui se puisse imaginer. Un homosexuel défie ensuite Straight Dave à un combat extrême. Mais ce combat dégénère vite en attouchements homosexuels, et la foule homophobe entre alors dans une catharsis anti-gay où les gens déchirent leur chemise et bavent de l'écume ! Brüno, en poussant sa caricature de l'homme gay jusqu'au grotesque, a réussi à montrer que l'homophobie extrême est encore plus grotesque qu'une caricature !

Afterwards, 2008, Allemagne-France-Canada

Mettant en vedette les très-excellents Romain Duris et John Malkovitch, ce film ne pouvait être que bon. Et je n'ai pas été déçu. Nathan (Romain Duris) est un avocat d'origine française travaillant à New York. Il a du succès, mais il n'est pas tout à fait heureux. Jusqu'au jour où le docteur Kay (John Malkovitch) vient le voir. Le docteur semble en savoir trop sur sa vie, et il semble cacher quelque chose. Essayant de chasser à la fois le doute et le docteur, Nathan n'arrive pourtant pas à chasser sa curiosité, et il s'engage dans une recherche qui va transformer sa vie.

Je ne peux en dire plus sur l'histoire vu que ce serait ruiner le punch. Mais je peux vous dire que ce film est une réflexion assez poignante sur la vie et sur la mort. Le jeu des acteurs est excellent, même si Romain Duris semble au début être un choix douteux pour jouer le rôle de Nathan. Mais son charisme nous fait vite oublier l'acteur et nous ne voyons alors que Nathan, et nous partageons sa confusion spirituelle. Mentionnons la présence de Pascale Bussières dans le rôle d'une jeune serveuse d'origine russe que Nathan essaie de sauver. Mais ce qui fait véritablement la puissance lyrique de ce film, c'est la photographie, hyper-léchée, qui donne une atmosphère onirique au vécu profond des personnages.

À voir !

Gran Torino, 2008, États-Unis

Clint Eastwood nous donne un autre film aussi authentique et humain que Million Dollar Baby (2004). Encore une fois, il joue un vieux catholique en retard sur son temps, si ringard mais si sincère. Nous regrettons qu'il ne se fasse plus d'hommes purs et durs ''comme à l'époque''. Mais Walt Kowalski (Clint Eastwood) est bourré de défauts : il est grincheux, xénophobe, à peu près aussi ''sweet'' que du vinaigre, et il regrette que les ''good old all-american values'' se soient perdues depuis sa jeunesse dans les années 50. Le monde moderne lui pue au nez, et il est le dernier irréductible Américain blanc aux valeurs conservatrices à rester dans un quartier appauvri aujourd'hui envahi par les immigrants et les gangs de rue. Ses nouveaux voisins, une famille Hmong, lui attireront toutes sortes d'aventures qui le forceront à sortir de son ermitage confortable...

La prémisse de ce film semble peu prometteuse. Un vieux blanc raciste confronté à de nouveaux voisins immigrés. Mais ce film est basé sur la psychologie des personnages, pas sur les péripéties (bien que la finale soit tout à fait punchée). Et Clint Eastwood excelle dans ce domaine. Il sait dénuder l'âme d'une homme tout en respectant la pudeur masculine. Et c'est beau à voir.

À voir !

jeudi 26 novembre 2009

Arts martiaux, culture et politique

Ce qui différencie le plus les innombrables arts martiaux entre eux n'est pas avant tout la technique. La biomécanique humaine est toujours la même peu importe notre race ou notre époque. Il n'y a pas un nombre illimité de façons de donner un coup au corps ou d'appliquer une clé à un membre. En fait, côté technique, la plupart des arts martiaux ont un répertoire de techniques qui se recoupent grandement. Non, la plus grande différence entre les arts martiaux, c'est la doctrine de combat, qui est déterminée par la culture et la situation politique d'un peuple.

Pourquoi les arts martiaux chinois (kung fu) mettent-ils l'emphase sur les techniques de combat debout plutôt qu'au sol ? Parce que dans la Chine antique, se battre au sol était indigne d'un homme.

Pourquoi le jujutsu met-il l'emphase sur les projections, les luxations et les strangulations plutôt que sur les coups ? Parce que dans le Japon féodal, les guerriers portaient des armures et étaient donc immunisés contre les coups de poing ou de pied.

Pourquoi le capoeira ressemble-t-il à de la danse ? Parce qu'il a été inventé par les esclaves africains du Brésil qui voulaient s'entraîner pour combattre leurs exploiteurs sans que ça paraisse. Il fallait donc déguiser cet entraînement.

Pourquoi la boxe anglaise ne propose-t-elle aucune technique de pied, se concentrant exclusivement sur les coups de poing ? Parce que c'est un sport de gentlemen qui considèrent que même un combat doit être propre !

Mais il y a un art martial qui est particulièrement marqué par une situation politique difficile. C'est le krav-maga, inventé par les Juifs d'Europe persécutés par les nazis et perfectionné par l'armée israélienne pour assurer la survie du peuple juif en Palestine. Je vous laisse visionner le vidéo suivant, qui exprime cette nécessité mieux que moi je ne pourrais l'exprimer.

Poutine !

Une des choses qui m'a le plus étonné à Toronto, c'est la présence de poutineries ! Avec quatre adresses, les poutineries Smoke's fournissent les Torontois avides de gras et de sel en fast-food made in Québec. La poutine s'internationalise ! Peut-être même qu'un jour la poutine va réussir à réconcilier les deux solitudes canadiennes !


(En passant, le collage de Vladimir Poutine est de moi. Je voulais montrer que même Poutine approuve la poutine !)


mercredi 25 novembre 2009

Encore contre le fondamentalisme religieux


Il y a-t-il idée plus saugrenue, que dis-je : biscornue (comme le Diable !), que d'interpréter la Bible littéralement comme le font les fondamentalistes chrétiens ?

Prenons le mythe du Déluge, par exemple. Dans Genèse 6:15 il est écrit : "Voici comment tu la feras : l'arche aura trois cent coudées de longueur, cinquante coudées de largeur et trente coudées de hauteur." La coudée est une unité de mesure ancienne représentant grossièrement la distance entre le coude et l'extrémité de la main. En prenant un individu adulte de taille normale, nous calculons qu'une bonne coudée doit mesurer environs 50 centimètres. Faisons le calcul : 300 coudées X 50 coudées X 30 coudées = 150 m X 25 m X 15 m.

Mais poursuivons notre lecture de la Genèse, aux versets 6:19-20 : "De tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l'arche deux de chaque espèce, pour les conserver en vie avec toi: il y aura un mâle et une femelle. Des oiseaux selon leur espèce, du bétail selon son espèce, et de tous les reptiles de la terre selon leur espèce, deux de chaque espèce viendront vers toi, pour que tu leur conserves la vie." Faisons encore quelques calculs. La biologie moderne a répertorié 10 234 espèces d'oiseaux, 5 416 espèces de mammifères et 8 240 espèces de reptiles actuellement vivantes, ce qui exclut les espèces disparues. Cela fait en tout 23 890 espèces à sauver du Déluge. Multiplions par 2 pour avoir un mâle et une femelle de chaque espèce et cela nous donne 47 780 animaux à sauver !

Mais ce n'est pas tout ! Genèse 6:21 : "Et toi, prends de tous les aliments que l'on mange, et fais-en une provision auprès de toi, afin qu'ils te servent de nourriture ainsi qu'à eux." Et cela pour quarante jours ! (Genèse 7:4) Il aurait donc fallu à Noé entasser 47 780 animaux, et la nourriture nécessaire pour garder en vie toute cette ménagerie pendant quarante jours, dans un espace d'à peine 150 m X 25 m X 15 m ?

Voilà qui est non seulement inconcevable d'un point de vue logistique, mais surtout complètement risible, ridicule, absurde !


(Publié à l'origine dans Radotages en exil, le 20 mai 2009.)

La question insoluble


Avez-vous vu les affiches affirmant ou niant l'existence de Dieu ? Tout cela a commencé avec des affiches disant "Oui Dieu existe. Profite de la vie avec le Christ." Des groupes athées ont vite répliqué avec des affiches disant : "Dieu n'existe probablement pas. Arrête de t'inquiéter et profite de la vie". Toute cette propagande a quelque chose, ma foi, d'absurde !

Existe-t-il de question plus insoluble que celle de l'existence de Dieu ? Impossible de prouver son existence, impossible de prouver son inexistence. Les croyants disent : il faut bien que Dieu existe ; sinon, qui aurait créé l'univers ? Les athées répondent : mais Dieu, lui, qui l'a créé ? Et les croyants répondent : il s'est créé lui-même, ou : il a toujours existé. Les athées répondent alors : dans ce cas, rien n'empêche l'univers de s'être créé lui-même, ou d'avoir toujours existé ! Et c'est à ce point du débat que nous pouvons déclarer match nul.

Toute philosophie repose sur un axiome. Par exemple : la pensée féministe radicale repose sur l'axiome selon lequel il n'y a pas de différence de caractère fondamentale entre les sexes et que l'identité sexuelle est une question de conditionnement social. Par opposition, une certaine pensée machiste repose sur l'axiome selon lequel l'identité sexuelle est biologiquement programmée et que les sexes devraient accepter des rôles sociaux adaptés à leur nature. Il y a toutes sortes de preuves pouvant appuyer une théorie ou l'autre et la vérité doit donc se situer entre les deux.

Sur la question de l'existence de Dieu, par contre, il ne peut y avoir de juste milieu. Soit Dieu existe, soit il n'existe pas ; Dieu ne peut exister seulement à moitié ! Mais comme ni les croyants ni les athées ne peuvent fournir de preuves sérieuses par rapport à l'existence ou à l'inexistence de Dieu, la croyance ou l'incroyance ne peuvent reposer que sur la sensibilité même de chaque individu.

Ceux qui croient en Dieu sont ceux qui ont besoin de croire en Dieu. Pour les croyants, l'idée d'être destinés à seulement naître, vivre puis mourir, comme il convient à n'importe quel animal, est insupportable. Les croyants sont ceux qui veulent être plus que des animaux, plus que des apparitions fugaces dans le monde des phénomènes, plus qu'une fugitive et futile étincelle dans l'infinie obscurité du néant. Les croyants ne veulent pas seulement vivre pour une raison, mais aussi vivre pour toujours. Il faut alors que Dieu existe pour donner un sens à leur existence et les sauver de la mort. Dieu est donc l'axiome parfait sur lequel fonder une vision optimiste du monde, et la croyance en Dieu le dispositif psychologique parfait pour étouffer l'angoisse existentialiste et favoriser un équilibre mental chez l'angoissé existentiel.

Tous ces tours de passe-passe psychologiques et philosophiques sont évidents aux yeux des athées, qui ont un tempérament moins anxieux, plus rationaliste, que celui des croyants. Mais il serait importun de vouloir convaincre les croyants de l'inexistence de Dieu, parce que Dieu est une affaire de coeur, une affaire profondément intime. Aussi importun que des Témoins de Jéhovah qui viennent te déranger un samedi matin pour te convaincre que Dieu existe !


(Publié à l'origine dans Radotages en exil, le 14 mai 2009.)

Arts martiaux du monde


La plupart des gens connaissent les arts martiaux chinois (kung fu), japonais (karate, judo, aikidô et jujutsu) et coréens (tae kwon do). Mais il n'y a pas que ces trois peuples qui aient inventé des arts martiaux.

Il y a aussi les Thailandais, avec le muay thai ;
les vietnamiens avec le viet vo dao ;
les Philippins avec l'eskrima ;
les Birmans avec le thaing ;
les Cambodgiens avec le pradal serey ;
les Laotiens avec le muay lao ;
les Malais et les Indonésiens avec le pencak-silat ;
les Indiens avec le kalarippayattu.

Mais il n'y a pas que les Orientaux qui aient inventé des arts martiaux. Le reste du monde a aussi contribué :

Les Brésiliens avec le capoeira ;
les Français avec la savate ;
les Grecs avec le pankration ;
les Russes avec le sambo ;
sans oublier la boxe anglaise.

Il y a aussi toutes sortes d'arts martiaux créés par des forces armées modernes, tels :

Le systema en Union Soviétique ;
Le krav-maga en Israël, pour ne nommer que ces deux-là.

Et je passe ici sous silence les innombrables arts martiaux traditionnels d'origine turque ou mongole qui ont vu le jour en ex-Union Soviétique.


Voici plusieurs vidéos montrant diverses techniques d'art martiaux :










Machiste vs. machos

Je méprise les machos. Je trouve qu'il faut être efféminé pour avoir besoin de rabaisser les femmes pour se sentir viril. Et je trouve que les gars qui pensent qu'aimer la mode, la cuisine, la décoration et les cocktails fancy c'est ''fif'' sont des incultes. Un homme peut s'intéresser à autre chose qu'aux chars, aux sports et aux blondes aux gros seins !

Je ne suis donc pas un macho, mais je suis un machiste. Pour moi, un machisme sain consiste à revendiquer et à cultiver positivement sa virilité. À se respecter et à se faire respecter en tant que mâle. À être fier d'être un homme. Tout simplement.

Pour ou contre ? Mon opinion.

On m'a déjà traité de bouffon, de ringard, voire même de fasciste. Que m'importe ! Je pense ce que je pense et les gens peuvent bien penser ce qu'ils veulent. Voici donc mon opinion sur divers sujets chauds de l'actualité :

Pour ou contre l'euthanasie ?
POUR. Les gens ont le droit de choisir comment ils vont mourir. Lorsqu'il s'agit d'euthanasier des infirmes sans leur consentement explicite, la question est plus délicate et je suis indécis.

Pour ou contre l'avortement ?
POUR. Autrement, c'est nier aux femmes le droit de disposer de leur corps tel qu'elles l'entendent, droit qui est fondamental à la dignité humaine.

Pour ou contre la peine de mort ?
CONTRE s'il s'agit de punir les criminels de droit commun. POUR s'il s'agit de punir les terroristes. Les terroristes, à mon avis, n'ont pas de droits, vu qu'ils se sont posés eux-mêmes en ennemis de l'État, qui est le garant des droits.

Pour ou contre la légalisation de la drogue ?
CONTRE. La drogue est un poison. Et contrairement à l'alcool, elle ne constitue pas encore une partie normale de nos moeurs. Si on légalise la drogue, il faudra que l'État se fasse fournisseur. Or, l'État ne peut assumer une telle responsabilité : ce serait contraire à sa fonction de protecteur du peuple. À moins que ce soit l'entreprise privée qui prenne le relai du crime organiser pour produire et fournir la drogue, le tout étant surveillé par l'État comme pour le tabac et l'alcool. Mais même à cette condition, je persiste à être CONTRE, parce que la drogue, il me semble, ne peut que favoriser la décadence de notre civilisation.

Pour ou contre le port du voile islamique ?
CONTRE ! vu que je suis radicalement contre les valeurs islamiques. De plus, en Occident, on aime voir le visage des gens qui nous entourent. Je trouve aussi inquiétant de voir une femme avec un niqab que de voir quelqu'un avec une cagoule. C'est psychologique, mais je ne peux pas faire confiance à quelqu'un qui se cache le visage. Et pour ce qui est du hijab, je n'ai rien contre son port sauf s'il s'agit d'une policière, d'une soldate, d'une enseignante ou d'une employée affectée aux services à la population sauf les infirmières. Les représentants de l'État ne doivent pas afficher ostensiblement leur religion, vu que l'État est laïc.

Pour ou contre la guerre en Afghanistan ?
POUR s'il s'agit de casser la gueule aux terroristes musulmans et d'assurer la sécurité nationale. CONTRE s'il s'agit d'autre chose, même s'il s'agit d'imposer la démocratie en Afghanistan. Les vraies motivations du gouvernement canadien sont difficiles à connaître...

Pour ou contre la souveraineté ?
POUR à 49.42%, par sympathie pour mon peuple d'accueil. CONTRE à 50.58%, par intérêt personnel. Il est plus avantageux pour moi d'être citoyen du Canada que d'un éventuel Québec indépendant.

100% Canadian

Je suis né au Salvador de parents Salvadoriens. Ma langue maternelle est l'espagnol. Ma famille a immigré au Canada quand j'avais 3 ans et, bien que j'ai été élevé à la salvadorienne, mes parents m'ont toujours encouragé à aller vers notre peuple d'accueil, si généreux, et à nous assimiler à lui. Je suis donc un immigrant pro-Québécois. Que dis-je : je suis, grâce à la générosité des Québécois, un Québécois moi aussi ! Que ceci tempère ce que je vais dire maintenant.

Bien que je me sente Québécois, je me sens aussi Canadien. Ce n'est pas le Québec qui m'a donné ma citoyenneté et mon passeport, c'est le Canada, et je lui dois ma loyauté. De toutes façons, le Québec n'est PAS un pays. Le peuple s'est prononcé 2 fois CONTRE la souveraineté ! Parizeau peut bien dire que c'est l'argent et le vote ethnique qui a empêché la souveraineté, mais je vous rappelle que seulement 60% des ''purs laines'' ont voté Oui en 1995 ! 60%, ce n'est pas très convaincant, je trouve.

Aussi, je ne partage pas l'indifférence, le mépris ou même la haine qu'ont beaucoup de Québécois de vieille souche française envers le Canada. Contrairement à mon peuple d'accueil, ma race n'a pas été colonisée par les Anglais. Donc, bien que je puisse comprendre cette xénophobie, je ne la partage pas. Et je trouve ''colons'' ces Canadiens-Français qui refusent d'apprendre l'anglais par chauvinisme culturel. Ce n'est pas en se fermant au monde qu'on va mieux préserver sa culture. Cette attitude est rétrograde et dénote une certaine grossièreté intellectuelle.

N'allez pas penser que je suis un de ces immigrants ingrats qui méprisent les Québécois francophones qui les accueillent, c'est faux. La vérité, c'est que je refuse de mépriser les Canadiens-Anglais !

mardi 24 novembre 2009

La religion à l'école

Je ne digère toujours pas l'introduction du cours Éthique et culture religieuse dans le curriculum des étudiants au primaire. Pour se donner bonne conscience de garder la religion catholique dans l'enseignement, le gouvernement Charest, si accommodant, si trudeauiste, décide d'introduire la religion des autres pour acheter la paix sociale !

Plutôt que d'accueillir des discours religieux étrangers dans notre enseignement, il faudrait en évacuer tout discours religieux, étranger autant que catholique ! La religion est une affaire personnelle. Elle n'a plus sa place sur la tribune publique. Et surtout pas à l'école.


Si des parents veulent que leurs enfants subissent un enseignement religieux,
qu'ils les envoient à l'église !


Friedrich Nietzsche ne croyait pas si bien dire en 1882 :
Après la mort de Bouddha, l'on montra encore pendant des siècles son ombre dans une caverne, une ombre énorme et épouvantable. Dieu est mort mais, à la façon dont sont faits les hommes, il y aura peut-être encore pendant des milliers d'années des cavernes où l'on montrera son ombre. Et nous, il nous faut encore vaincre son ombre !

Encore sur l'orthographe

À quoi sert le premier H dans ortHographe ? À rien, si ce n'est qu'à compliquer inutilement l'orthographe !

J'étais en train de me demander de quoi aurait l'air un poème de Baudelaire, Le poison, avec une orthographe strictement phonétique :

Le vèn sè revètir le plu sordide bouje
D'eun luxe mirakuleu
É fè surjir plu d'eun portike fabuleu
Dan l'or de sa vapeur rouje
Come eun solèy kouchan dan eun sièl nébuleu...

...On dirait du créole ! Et je réalise que le E caduc doit rester pour que la prosodie puisse être respectée.

Réformer l'orthographe est une affaire délicate...

lundi 23 novembre 2009

Sur la réforme de l'orthographe française

Le 19 novembre 2009, Richard Martineau a écrit dans son blogue :

Ainsi, la nouvelle orthographe est acceptée dans nos écoles.

Les jeunes pourront maintenant écrire OGNON (au lieu de oignon), BRULURE (au lieu de brûlure) et RENOUVÈLE (au lieu de renouvelle).

Pourquoi ne pas faire la même chose avec les maths, tant qu'à faire?

3 X 4 pourrait ainsi faire 11, 12 ET 13!!!!

Comme ça, davantage de jeunes passeraient leurs maths...

On n'arrête pas le nivellement pas le bas.

Ou est-ce plutôt NIVÈLEMENT?

Bien que j'apprécie grandement Richard Martineau et que ses déconstructions du discours dominant me semblent le plus souvent justes, ingénieuses et amusantes, je ne comprends pas sa réaction, qui est aussi celle de nombreux citoyens.

J'ai beau être un diplômé en littérature, un écrivain et un poète, l'orthographe française m'a toujours semblé être une absurdité. J'ai toujours senti que l'intérêt d'utiliser un alphabet phonétique c'est de pouvoir écrire les mots tels qu'ils se prononcent. Mais voilà, nous avons une écriture phonétique qui ne respecte pas la phonétique de notre langue, et pour savoir écrire avec cette écriture pseudo-phonétique, il faut mémoriser comment NE PAS écrire phonétiquement chaque mot !

Oui, notre écriture est dysfonctionelle et archaïque. Pour ma part, je suis parfaitement d'accord avec une réforme de l'orthographe française. J'aimerais même que cette réforme soit plus radicale et qu'elle nous débarrasse enfin de TOUS les archaïsmes de la langue française écrite. Une langue vivante évolue et doit évoluer, et il est temps que notre orthographe reflète enfin l'état actuel de notre langue. Ce que les opposants à la réforme de l'orthographe appellent ''héritage linguistique'' en parlant de l'orthographe actuelle, moi je l'appelle ''archaïsme contre-productif'' ; ce que ces mêmes opposants appellent ''nivellement par le bas'' en parlant de la réforme, moi je l'appelle ''modernisation''.

Un français plus limpide et plus FONCTIONNEL ne peut qu'être mieux apprivoisé par le peuple et trouver un plus grand rayonnement international !

***

À propos des enjeux de la réforme de l'orthographe française, je vous suggère fortement cet article du Devoir :

La réforme de l'orthographe - Simplification? Prudence!

Sur le droit de se plaindre


Beaucoup de nos concitoyens affirment que ceux qui ne votent pas n'ont pas le droit de se plaindre de nos gouvernements. L'humoriste Pierre Légaré, qui ne vote pas mais qui se plaint, n'est pas d'accord avec cette affirmation. À l'émission Tout le monde en parle il a dit que le simple fait de payer des taxes lui donne le droit de se plaindre. Est-ce à dire que les résidents permanents, les touristes et les immigrés illégaux ont aussi le droit de se plaindre vu qu'eux aussi paient la TPS et la TVQ quand ils achètent quelque chose ici ? Peut-être que Pierre Légaré, en disant ''taxes'', voulait dire ''impôts''. Est-ce à dire, alors, que les citoyens qui ne votent pas et qui ne paient pas d'impôts parce qu'ils ne travaillent pas ou vivent sous le seuil de la pauvreté n'ont pas le droit de se plaindre ?

Je ne suis ni d'accord avec la majorité ni avec Pierre Légaré. À mon avis, ce qui donne le droit de se plaindre de nos gouvernement et de les critiquer, c'est ceci et ceci seulement : la citoyenneté !

Mais voilà, je trouve que mes concitoyens se plaignent trop et qu'ils se laissent trop souvent aller à une paranoïa antigouvernementale !

dimanche 22 novembre 2009

Si j'étais empereur

Je suis bien plus satisfait de notre système politique que beaucoup de mes concitoyens. Au Canada, nous avons la sécurité, la prospérité et la liberté. Notre gouvernement gère suffisamment bien l'économie et les affaires publiques pour que l'action la plus subversive que nous ayons besoin d'entreprendre soit de tourner en dérision nos politiciens !

Mais tout ce confort ramollit le peuple. Bien sûr, dans une société libre et pleine de ressources, il n'en tient qu'à chaque individu de prendre en charge sa culture de soi. Mais lorsque l'irrationnel domine en moi, je me prends à fantasmer que je suis un empereur dont la mission serait de combattre la corruption et le manque de volonté politique dans notre société. Si j'étais empereur, voici quelques politiques que je mettrai en place.

1. J'assortirais certains droits de conditions d'obtention plus strictes. Par exemple, le droit de citoyenneté ne serait accordé qu'aux immigrants qui ont appris notre langue et qui se sont engagés sur l'honneur à respecter nos principes de vie. Ce droit serait également révocable. Par exemple : un immigré musulman qui serait reconnu coupable d'activité terroriste perdrait automatiquement sa citoyenneté et serait exilé à vie.

2. J'instaurerais le service militaire obligatoire d'un an pour tous les jeunes hommes de 18 ans, et le service social obligatoire pour toutes les jeunes femmes de 18 ans. Le droit de majorité ne serait accordé qu'aux jeunes gens ayant rempli leur service obligatoire. Les autres n'auraient ni le droit de vote, ni le droit de travailler pour l'État, ni d'autres privilèges. Le but de cette mesure est de responsabiliser les jeunes gens tout en leur offrant une expérience structurante.

3. J'améliorerais le curriculum des études primaires et secondaires en rendant obligatoires ces cours : arts martiaux, pour faire des citoyens forts ; diététique et gastronomie, pour faire des citoyens en santé ; musique, pour faire des citoyens bien développés intellectuellement.

4. Je réformerais le système de santé pour introduire une approche préventive puisant dans les médecines douces, de façon à diminuer les coûts du système de santé et à améliorer la santé publique.

5. Je rendrais l'agriculture biologique obligatoire pour protéger notre environnement rural et pour améliorer l'alimentation du peuple. Je fermerais également ce domaine au libre-échange, pour protéger notre terroir.

6. Je formerais un corps de police avec pouvoirs élargis dont la mission serait de débarrasser la société de ses éléments corrupteurs : crime organisé et fonctionnaires corrompus. Les opposants politiques ne seraient pas visés, sauf les terroristes.

7. J'investirais massivement dans le transport en commun et autres infrastructures urbaines pour améliorer la qualité de vie des citadins.

8. Je rendrais illégale la mendicité (question d'améliorer l'espace urbain et de diminuer le harcèlement public) mais en contre-partie j'offrirais des services efficaces pour que les mendiants puissent trouver le logement, le travail et les soins de santé mentale nécessaires pour réintégrer la société. Les irréductibles seraient pris en charge par l'État.

9. Je ferais travailler les prisonniers à des tâches productives pour qu'ils ne soient plus un poids pour la société et qu'ils apprennent les vertus du travail honnête. Les prisons s'autofinanceraient ainsi. Les prisonniers refusant de travailler ne mangeraient pas, puisque la nourriture ne serait pas donnée aux prisonniers, mais vendue (ceux-ci toucheraient un salaire modique).

J'ai bien d'autres idées. Mais oisif que je suis, je laisse la politique à des gens plus sérieux que moi !

samedi 21 novembre 2009

Un salon oriental


Orienthé
4511, Saint-Denis

Orienthé : quel jeu de mot plat ! Qu'importe, le salon de thé du même nom est un petit bijou de Montréal.

Ce salon de thé est situé dans un demi sous-sol au coin de St-Denis et Mont-Royal Est. Location, location, location ! En entrant, nous sommes conviés à enlever nos chaussures et à enfiler des gougounes berbères : l'ambiance est mise. La salle est d'une esthétique qui semble de plus en plus courante à Montréal en ce début de 21e siècle (qu'on retrouve également, entre autres, au Hookah Lounge plus au sud sur St-Denis, et dans mon salon romantique !) : fusion d'influences indiennes, extrême-orientales, nord-africaines et moyen-orientales, le tout baignant dans une orgie de rouge. Ça peut bien n'être pas nouveau, on ne se lasse jamais de cet exotisme éclectique.

Au menu : pâtisseries arabes de toutes sortes, shisha sans tabac, et une sélection fort créative de thés et de tisanes. Je me suis personnellement commandé une tisane aux trois fleurs : prunier, abricotier et oranger. Un véritable délice, qui me transportait sur un nuage de parfums floraux vers un Shangri-La imaginaire, sous le regard bienveillant des nombreux Bouddhas thaïlandais et des Ganesha qui ornent ici les murs. Et pour compléter ce tableau exotique, une chanson loungy de Buddha Bar IV jouait doucement à la stéréo, ''Desire'', mettant en vedette la voix profonde de Deepak Chopra et celle, éthérée, de Demi Moore !

Impromptu

La volonté de puissance, c'est la vie qui cherche à jouir de sa propre exubérance.

La beauté n'a rien à voir avec l'éthique ni avec une prétendue essence parfaite des choses. La beauté, c'est l'image de l'exubérance de la vie.

Est beau ce qui inspire la santé et la puissance. Est laid ce qui inspire la maladie et l'infirmité. L'esthétique est une question de physiologie.

Les amants du grotesque aiment dans le grotesque l'image de leur propre infirmité. La misère n'aime-t-elle pas la compagnie ?

Vouloir être différent, c'est encore se définir par rapport à la norme. C'est donc une forme de conformisme.

Être différent, c'est être pareil à soi-même.

Être distingué, c'est rejeter toute forme de vulgarité, la vulgarité étant l'inculture de soi.

La culture, c'est l'amélioration de la nature par l'être humain. La culture de soi, c'est l'amélioration de sa propre nature par un travail sur soi-même. Être cultivé, c'est une autre forme d'expression de la volonté de puissance.

Le dandy n'est pas un homme superficiel. C'est un homme profond qui affecte d'être superficiel.

vendredi 20 novembre 2009

Les soufflets du Dandy


On pourrait penser que je suis fermé d'esprit. Il n'en est rien. Je suis si ouvert d'esprit que je suis même ouvert à ma propre fermeture d'esprit ! Voici donc mes crucifixions du jour, qui sont probablement injustes, mais qui font justice à mes sentiments :

Victor Hugo
Un écrivassier, un gribouilleur, un plumitif ! Avez-vous déjà essayé de lire un de ses romans en cinq tomes de plusieurs milliers de pages sans vous endormir, ou un de ses poèmes longs de centaines de strophes sans faire une indigestion mentale ? Victor Hugo semble incapable de condenser sa pensée. Un bon écrivain n'est pas celui qui écrit beaucoup, mais celui qui écrit bien !

Le Dalaï-Lama
Un songe-creux affublé d'une toge ridicule. Je n'ai rien de plus à dire sur lui que lui à de choses pertinentes à dire sur la politique internationale.

M. Night Shyamalan
Un cinéaste surfait. Ses films sont de longs et stériles exercices de styles. Après deux heures d'un de ses films qui avait créé un suspense intense mais qui finit inmanquablement en queue de poisson, je me dis toujours : Tout ça pour ça ?

Michael Moore
Un démagogue, un provocateur, un exploiteur de la naïveté consternante des gens de gauche les plus bien-pensants. Ses documentaires sont truffés de sophismes et de tours de passe-passe visuels. Je déteste particulièrement sa technique qui consiste à faire mal paraître une organisation en se pointant dans ses bureaux, exigeant de rencontrer de PDG à des gardiens de sécurité qui finissent par le mettre dehors. Monsieur Moore, si on vous met dehors, ce n'est pas parce qu'on cache des secrets terribles, mais parce que vous êtes un clown bruyant qui empêchez les gens honnêtes de faire leur 9 à 5 !

Voilà ! J'ai satisfait ma rage d'iconoclasme pour aujourd'hui. J'avais aussi envie de taper sur Pierre Falardeau, ce séparatiste baveux, mais j'ai trop aimé 15 février 1839 et les Elvis Gratton !

jeudi 19 novembre 2009

Slavophile culinaire montréalais I

Wawel
5499, Sherbrooke Ouest

Quel étourdi je suis ! Lors de ma dernière épicerie au marché St-Petersburg, je n'avais pas porté attention à un autre commerce spécialisé dans la gastronomie slave, qui n'était pourtant qu'à deux minutes du premier : la pâtisserie polonaise Wawel.

Ce commerce est encore plus petit que l'autre, mais la sélection de produits slaves (polonais d'abord, mais aussi russes et ukrainiens) est suffisante pour que la visite en vaille la peine. Essayez de trouver ces produits chez IGA, Provigo ou Métro !

Ces produits sont : pâtisseries polonaises de toutes sortes, confitures de baies sauvages, choucroutes diverses, mets slaves frais dont pirozhki variés, tisanes, cornichons, légumes et champignons marinés, concentrés de soupes, et beaucoup plus.

J'ai acheté : crêpes roulées à la viande (bien plus savoureuses que celles de chez St-Petersburg), pączki (beigne polonais) fourré à la crème, du bortsch ukrainien concentré et du bouillon pour le bortsch.

Wawel, un incontournable pour le slavophile culinaire montréalais.

mercredi 18 novembre 2009

Le bonapartiste

Piégé dans ce siècle vaurien, où l'individualisme frôlant le narcissisme favorise la vulgarité au détriment des valeurs supérieures, je reste apolitique, parce que notre politique élève les politiciens proportionnellement à leur niveau de médiocrité. Nous avons bien eu des grands hommes au Québec durant le 20e siècle, tels René Lévesque et Jean Drapeau. Mais en ce début de 21e siècle, qui avons nous ?

J'aurais dû naître au 19e siècle, dans ce pays qui nous a donné deux hommes dont l'héritage ne peut que continuer de nous inspirer : Napoléon 1er (1769-1821), premier Empereur des Français ; et Napoléon III (1808-1873), neveu du précédent et second Empereur des Français.

Ces deux grands hommes ont en commun plusieurs choses. Les deux ont libéré la France de gouvernements révolutionnaires incapables de maintenir l'ordre. Napoléon 1er, avec son coup d'état du 18 Brumaire An VIII (9 novembre 1799) mettant fin au règne corrompu et corrupteur du Directoire ; Napoléon III, avec son coup d'état du 2 décembre 1851 mettant fin à l'impuissante IIe République. Mais ces deux hommes n'ont pas usurpé le pouvoir. Ils y ont été portés par la volonté du peuple, et s'y sont maintenus en donnant à la France stabilité, prestige et progrès.

Napoléon 1er réussit à renflouer les coffres de l'État vidés par la gestion impotente de ses prédécesseurs ; donne à la France un Sénat, un Code Civil et un Code Pénal ; crée la Banque de France, les lycées, les universités, la Légion d'Honneur, les chambres de commerce, la Bourse de Paris ; fait ériger de nombreux monuments prestigieux dans Paris et ailleurs. Napoléon III n'est pas en reste. Son ambition a toujours été de sortir la France de la pauvreté dans laquelle les régimes monarchistes successifs de la Restauration (Louis XVIII, Charles X) et de la Monarchie de Juillet (Louis-Philippe) l'ont maintenue. Napoléon III a favorisé : le libre-échange avec la Grande-Bretagne de la reine Victoria ; le développement d'un réseau ferroviaire et routier efficace ; la modernisation de l'agriculture, de l'industrie et de la finance ; la modernisation de Paris en abattant des quartiers en décrépitude, en faisant percer les grandes avenues que nous connaissons aujourd'hui, en augmentant les espaces verts et les espaces publics, en créant des systèmes d'aqueducs, d'égoût et d'éclairage au gaz modernes. L'Empereur a de plus favorisé l'instruction des filles et la diplomation des femmes. Napoleon III a aussi fait creuser le canal de Suez, créé des logements sociaux, amélioré les lois du travail, créé le Crédit Mobilier, décuplé la richesse de la France et des Français ; et quoi encore ?

Malheureusement, notre siècle efféminé ne produit pas des hommes aussi sublimes que le Siècle d'Or, des hommes qui ont une vision grandiose et la volonté nécessaire pour la faire triompher !

Conversation torontoise


Toronto, 31 octobre 2009

En me promenant sur Roncesvalles Avenue, j'ai aperçu une petite boutique de souvenirs allemands : The Old Country Gift Shop. Je suis entré.

Après avoir fait le tour des allées, je me suis décidé pour une choppe en verre avec le drapeau allemand imprimé dessus. En voyant mon choix, la vieille boutiquière m'a dit avec humour : ''Malheureusement, il n'y a pas de bière dans nos choppes !''

Pendant que je payais mon achat, l'Allemande, remarquant mon Bergmütze noir, m'a dit : ''Je reconnais le style de ce chapeau !'' Et moi de lui répondre : ''Oui, c'est un chapeau allemand !'' La conversation était amorcée.

La dame m'a révélé qu'elle était Prussienne de naissance ; elle m'a raconté longuement sa jeunesse dans l'Allemagne de Hitler, ses souvenirs de la Deuxième Guerre Mondiale et son immigration au Canada dans les années 70.

Nous avons ensuite commencé à parler des différences entre Toronto et Montréal. Je lui ai dit que j'admirais la mixité ethnique de Toronto et le manque de complexes culturels des Canadiens-Anglais. C'est là que la vieille boutiquière a commencé à révéler ses pensées sur le multiculturalisme canadien :

L'Allemande :
À Toronto, il n'y a pas de culture commune. Ici, tout le monde peut débarquer et continuer de faire comme chez eux. Même les gouvernements font tout pour inciter les immigrants à ne pas s'intégrer, comme communiquer avec eux dans leur propre langue maternelle. Promenez-vous dans le centre-ville de Toronto, et vous remarquerez que même les noms de rues sont en chinois ! On n'a même plus besoin d'aller en Asie, il suffit d'aller au centre-ville. Et moi, pauvre Allemande, je suis là comme une idiote à ne pas pouvoir lire les noms des rues dans ma propre ville !

Moi :
Mais quoi, le gouvernement de l'Ontario ne force pas les immigrants à apprendre l'anglais ?

L'Allemande :
Ah ! Ça non ! Un immigrant peut vivre ici toute sa vie sans comprendre l'anglais !

Moi :
Vous savez, au Québec, nous avons des lois qui protègent la culture française. Tout l'affichage doit être en français, et tous les immigrants doivent apprendre le français.

L'Allemande :
Vraiment ? On devrait avoir des lois similaires en Ontario !

lundi 16 novembre 2009

Qu'en pensez-vous ?

La servitude est-elle un mal ou une nécessité ?

dimanche 15 novembre 2009

Mon fatalisme épicurien

Toi et moi, cher mortel, partageons le même destin : nous devons mourir un jour. Nous sommes condamné à mort dès la naissance. La Nature la voulu ainsi. La seule chose qui nous appartienne, c'est ce qui existe entre notre naissance et notre mort. ''Une vie bien vécue est suffisamment longue'' a dit Sénèque, le philosophe romain. Cette doctrine illumine toutes mes journées et enlève à la mort la masque terrifiant que lui font porter ceux qui ont peur de la regarder en face. Un autre philosophe de l'Antiquité, Épicure, a aussi dit :
La mort n'est rien pour nous, puisque lorsque nous existons la mort n'est pas là et lorsque la mort est là nous n'existons pas. Donc la mort n'est rien pour ceux qui sont en vie, puisqu'elle n'a pas d'existence pour eux, et elle n'est rien pour les morts, puisqu'ils n'existent plus.
Je veux vivre et mourir comme le patriote Charles Hindelang qui, le 14 février 1839, la veille de la date fixée pour sa pendaison, fait venir des victuailles dans la Prison du Pied-du-Courant à Montréal pour une dernière cène avec ses compagnons ; et qui se gorgeant de viandes et de vins, comme si manger et boire étaient encore des nécessités, festoie, chante, raconte des grivoiseries et rit à gorge déployée d'un rire bien gras comme si sa mort prochaine n'était rien mais l'instant présent tout.

Je veux vivre et mourir comme Socrate qui, condamné à mort et attendant dans sa geôle le moment de boire la cigüe, décide d'apprendre à jouer de la flûte. À un de ses disciples qui lui demande : ''À quoi te sert, Socrate, d'apprendre à jouer de la flûte puisque tu vas mourir ?'', Socrate répond : ''À jouer de la flûte avant de mourir !''

Je veux vivre et mourir comme ma défunte mère qui dans ses dernières semaines, dans son lit d'hôpital, s'était mise à apprendre l'art de fabriquer des colliers et des bracelets. En quelques semaines, elle a perfectionné sa technique au point de produire des ornements fortement convoités par le personnel médical. Elle avait même monté un petit négoce plutôt lucratif, et elle nous remettais l'argent ''pour la postérité''.

À mes amis qui me demandent à quoi me sert de vivre si je ne crois ni en Dieu, ni en l'immortalité de l'âme, ni en le sens de la vie, je réponds :

Je vis pour le plaisir de vivre !

Bière & bouffe

Il n'y a pas que le vin qui sache accompagner et améliorer un repas. La bière aussi. Il y a des combinaisons de bières et d'aliments qui sont fort heureuses. Et je viens d'en découvrir une nouvelle.

Les pelmeni au poulet que j'ai achetés à l'épicerie St-Peterburg me semblaient passablement fades. La farce était si peu condimentée, et les manger avec de la crème sûre, à la russe, les rendait encore plus fades ! J'ai bien essayé de les accompagner de kvas, mais cela n'a que fortifié mon impression que les saveurs de la cuisine russe ne font que s'affadir entres elles. À 2 heures du matin, pris d'une fringale d'insomniaque, je me suis encore servi des pelmeni, mais ce coup-ci en ouvrant une bouteille de Guinness Irish Stout.

Et j'ai découvert que la Guinness, cette bière irlandaise si lourde, fait ressortir à merveille toute la saveur des pelmeni ! Vive les accords gastronomiques internationaux !

vendredi 13 novembre 2009

Le chapeau de la terreur

J'ai un faible pour les tenues exprimant une certaine dureté et virilité, telles les tenues militaires. Pour faire jeu avec mon manteau d'automne noir de style trench-coat (classique, élégant, fonctionnel), j'ai décidé de m'acheter un Bergmütze (littéralement : ''chapeau de montagne''), ce chapeau typiquement allemand que portaient au 19e et au jusqu'au milieu du 20e siècle dans le monde germanique les chasseurs, les alpinistes, mais aussi les soldats.

J'ai pris soin de choisir un Bergmütze sans insigne militaires pour ne pas ressembler à un sous-officier du IIIe Reich. Ce que j'aime dans le Bergmütze, ce n'est pas sa symbolique militaire, mais bien son style et son fonctionnalisme. En effet, la palette du Bergmütze est large et protège bien contre les rayons obliques du soleil d'automne, et les rabats boutonnés au dessus de la palette peuvent être rabattus vers le bas de façon à protéger la nuque et les oreilles lorsqu'il fait plus froid ou qu'il pleut ; le tout étant plus élégant et viril que, par exemple, une casquette de chasseur à l'américaine.

Mais voilà, on ne peut échapper à l'Histoire !

Un jour que je me promenais dans le Vieux-Montréal avec mon trench-coat noir et mon Bergmütze noir, je remarquais que les nombreux Juif hassidiques que je croisais (il devait en avoir au moins six familles nombreuses dans le secteur ce jour-là) me lorgnaient d'un regard inquiet. Sur le coup, je me suis dit que cela s'expliquait peut-être par une méfiance naturelle envers les ''Gentils'', c'est-à-dire les non-Juifs. Ou peut-être que j'ai tout simplement l'air d'un individu inquiétant...

Mais j'ai enfin compris que c'était mon habillement qui provoquait le malaise. Avec mon long manteau et mon Bergmütze noirs, je ressemblais à un officier SS !

Et pourtant, je ne suis ni antisémite ni sympathisant du national-socialisme !

Bouffe russe II

Alors, voilà venu le temps de déguster la bouffe russe que j'ai acheté chez St-Petersburg. Je met un CD de musique de l'Armée Rouge au stéréo, me sert un verre de vodka en apéritif, et passe à l'acte.

Le bortch est totalement différent de ceux que le Cardinal et moi-même avons cuisinés en suivant des recettes russes ! Alors que mon bortsch abuse du poivre noir et du fenouil (habitué que je suis à cuisiner de l'oriental, c'est-à-dire avec beaucoup d'épices), et que celui du Cardinal est excessivement gras et carné (carnivore impénitent qu'il est), celui de chez St-Petersburg est très léger en consistance et en saveur. Les légumes (betterave, carotte, chou) sont râpés, pas coupés en dés (comme dans mon bortch) ni malaxés (comme dans le bortch du Cardinal), on se demande s'il y a de la patate dans la soupe, et le vinaigre de vin rouge, le poivre et le fenouil sont presque imperceptibles. La viande (du porc, pas du boeuf ?!) s'y fait discrète, servant surtout à transmettre son goût au bouillon.

Le poulet Kiev est d'une tendreté étonnante ; on dirait que le beurre a transmit un peu de sa mollesse à la viande blanche. La chapelure à base de pain grillé saupoudrée de poivre et de sel fait ressortir merveilleusement par son goût léger de pain brûlé la saveur naturelle du poulet. Et alors que mon poulet Kiev est fourré avec des truffes et du beurre à l'excès, celui de chez St-Petersburg est fourré d'une simple sauce blanche aux champignons, ce qui donne un résultat plus léger, moins gras.

Les crêpes roulées aux boeuf haché suivent la même esthétique culinaire, qui se résume en un mot : simplicité. Des crêpes ultra-minces et délicieuses enroulées autour de boeuf haché sans épices : c'est tout.

Mon palais, trop habitué aux cuisines orientales qui pèchent par excès d'épices, cherche la saveur de ces mets simples, trop simples ; et je comprends alors que la cuisine russe partage une caractéristique fondamentale avec beaucoup d'autres cuisines occidentales : elle met l'accent sur la saveur naturelle des aliments.

Je comprends surtout qu'une alimentation trop riche en piment, épices et autres exhausteurs de goût finit par corrompre le sens du goûter !

Bouffe russe I

St-Petersburg
5584A, Sherbrooke Ouest

Cette petite épicerie située dans un demi sous-sol de la rue Sherbrooke Ouest est facile à manquer : l'affiche aux couleurs du drapeau russe est à peine visible de la rue !

En entrant, j'ai été accueilli par une dame Russe dans la quarantaine un peu brusque, mais cela ne m'a pas étonné : les Russes ne sont pas reconnus pour leur délicatesse !

Sur les tablettes, toutes sortes de friandises, de biscuits, de thés, de conserves et de pots avec des étiquettes en cyrillique. Impossible de lire les ingrédients à moins de comprendre le russe, et il faut se fier aux images pour deviner ce que contiennent les emballages. Ceci est un gage d'authenticité.

Le comptoir des produits frais est plein de charcuteries et de fromages d'Europe de l'Est qui ont l'air tout à fait appétissants, sans oublier les mets russes préparés sur place pour emporter tels : bortch, soupe au chou, poulet Kiev, crêpes roulées, salade de betterave, etc.. Et dans la section réfrigérée, toutes sortes de dumplings russes (pirozhki, pelmeni), du kvas (boisson à base de pain fermenté), de la smetana (crème sûre) du kéfir (yogourt pétillant) et autres découvertes.

Pour environ 40$, j'ai pu acheter de la choucroute, un pot de smetana, 4 livres de pelmeni au poulet, une bouteille de kvas, du bortch, du poulet Kiev et des crêpes roulées, de quoi faire un festin russe !

Et la dame Russe un peu brusque, en finissant de remplir mes sacs, m'a souri et m'a donné en cadeau une barre de ''troitskoye predmestye'', que j'ai bien hâte de goûter pour savoir de quoi il s'agit...

Nuremberg

Nuremberg, 2000, Canada

Tourné à Montréal par une équipe québécoise et réalisé par Yves Simoneau, le réalisateur génial de la mini-série Napoléon (2002), Nuremberg est véritablement un film de calibre international.

Mettant entre autres en vedette l'Américain Alec Baldwin (Robert Jackson, procureur américain), les Canadiens Christopher Plummer (Sir David Maxwell-Fyfe, procureur britannique), Colm Feore (Rudolf Höss, officier SS), Michael Ironside (Colonel Burton C. Andrus) et les Québécois Roc LaFortune (Rudolf Hess, président du parti Nazi) et Julien Poulin (Robert Ley, directeur du Front du Travail Allemand), Nuremberg est un film où le jeu excellent des acteurs d'un peu partout dans le monde fait revivre avec force ces individus qui ont pris part à un tribunal qui allait changer la façon de mener la justice internationale. Brian Cox, acteur écossais, est particulièrement convaincant en nous donnant un Hermann Göring à la fois charismatique, fanatique, imposant, et toujours plus grand que nature.

Le film nous montre comment des Alliés aux visions politiques différentes arrivent à s'entendre sur un procès international ; comment le procureur en chef, Robert Jackson, doit élaborer la formule que devra suivre le procès pour être plus qu'une farce politique ; comment les 22 accusés nazis vivent leur captivité. Alors que Robert Ley, à demi devenu fou, se pend dans sa cellule, Hermann Göring (feldmarschall de la Luftwaffe) et Albert Speer (ministre des Armements et de la Production de guerre) se livrent une bataille pour les âmes de leurs co-détenus. Speer réalise l'horreur du nazisme et tente de convaincre les autres criminels de guerre d'assumer la responsabilité de leurs actes pour sauver la réputation du peuple allemand. Göring reste fanatiquement loyal à Adolf Hitler et tente de redonner à ces détenus torturés par le doute la fierté d'être national-socialiste, pour sauver l'honneur et du Führer et du IIIe Reich.

Mais pas tous les détenus nazis ont des problèmes de conscience. Rudolf Höss, officier SS en charge du camp de Auschwitz, décrit lors de son témoignage en cour, sans le moindre trouble de conscience, son travail pour améliorer la ''production'' de son camp de la mort, comme si l'extermination des Juifs n'était qu'une autre production de guerre ! Ce qui fera dire au capitaine Gustave Gilbert, psychologue en charge des prisonniers de guerre, que ''l'essence du Mal, c'est l'absence d'empathie, l'incapacité radicale de ressentir de la sympathie pour son prochain''.

Une des scènes fortes du film, c'est celle où le capitaine Gilbert se trouve dans la cellule de Göring et essaie de lui faire admettre l'inhumanité de l'Holocauste. Mais le capitaine s'emporte et Göring, toujours imperturbable, lui demande : ''Seriez-vous vous-même Juif ?'' Le capitaine Gilbert reconnait être Juif. Göring éclate alors de rire puis déclare, en allumant sa pipe : ''Voilà une situation fort intéressante, pour vous et pour moi !''

À voir !

dimanche 8 novembre 2009

Doctrine obscure

Les gens souvent s'étonnent du contraste entre la lumière de ma joie de vivre et l'obscurité de ma vision du monde. Ils me demandent : ''Comment peut-on vivre avec une vision aussi pessimiste ?''

Pessimisme et optimisme ne sont que des vues de l'esprit. Ce qui pour certains est de l'optimisme est pour d'autres de la naïveté ou du déni de réalité. Ce qui pour certains est du pessimisme est pour d'autres un refus viril de toute esquive philosophique.

En philosophie, il n'y a pas de Vérité. Il n'y a que l'expression de la personnalité et du tempérament du penseur. Comme l'écrivait si bien Baudelaire dans ''Alchimie de la douleur'' (Les fleurs du Mal):

L'un t'éclaire avec son ardeur,
L'autre en toi met son deuil, Nature !
Ce qui dit à l'un : Sépulture !
Dit à l'autre : Vie et Splendeur !


Ma doctrine obscure n'est en fait que ma tentative de voir la réalité, si telle chose est seulement possible aux êtres humains, sans y projeter mes peurs et mes espoirs. Je veux contempler l'existence le plus froidement possible, même dans ce qu'elle a de plus terrifiant, de plus horriblement absurde, pour savoir à quoi m'en tenir, et pour éviter de gaspiller ma vie à gagner mon ciel, comme le feraient les gens religieux, ces lâches de l'esprit.

Voici donc les intuitions qui me sont venues à force de contempler l'existence avec un regard dépourvu d'émotion, mes ''vérités'' philosophiques, en quelque sorte :

1. La Réalité nous est inconnaissable. Toute perception est subjective. Toute vérité n'est qu'une construction de l'esprit.
2. Dieu n'existe pas et ne peut pas exister. Il n'est qu'une fuite philosophique.
3. La vie n'a pas d'autre but ou sens qu'elle-même.
4. L'être humain n'est rien de plus qu'un animal. Il est dépourvu d'âme, et l'esprit n'est qu'une fonction du cerveau, et donc du corps. Il n'y a donc pas d'immortalité.
5. Si l'âme n'est rien et que l'organique est tout, alors le libre-arbitre n'existe pas et ne peut exister. L'être humain est un être 100% déterminé (par sa génétique, son environnement, etc.)
6. S'il n'y a ni Dieu ni âme, alors il n'y a pas de Bien et Mal. Toute morale est une construction sociale.
7. Si la Morale n'est qu'une invention humaine, alors elle n'est qu'une question soit de survie, soit d'ordre social, et même les pires crimes sont justifiables s'il est question de survivre ou de maintenir l'ordre social.
8. Si l'être humain n'est qu'un animal, alors l'égalité n'existe pas. Il y a des hommes supérieurs et des hommes inférieurs.
9. Les hommes supérieurs sont ceux qui possèdent la plus grande volonté de puissance.
10. Tout geste est l'expression de la volonté de puissance : le désir, l'amour, la haine, la recherche de la beauté, la recherche du pouvoir, le rêve, l'ambition, et même le suicide.
11. La volonté de puissance, c'est le potentiel de vie que possède chaque individu plus l'ambition de le faire s'épanouir, pour le meilleur et pour le pire.
12. S'il n'y a ni Dieu, ni âme, ni immortalité, ni Morale, tout est permis, mais tout n'est pas profitable.
13. Une vie bien vécue, c'est une vie où on a cherché à exprimer la plénitude de notre potentiel. Le ''bonheur'' est accessoire.

J'élaborerai sur ces 13 préceptes dans des textes futurs libellés ''Philosophie''.

samedi 7 novembre 2009

Café à Montréal

Quoi de plus absurde que de vivre dans une grande métropole culturelle comme Montréal et de ne pas profiter pleinement de ce qu'elle a à offrir ?

Récemment, j'en ai eu marre de mal connaître ma ville. Ma connaissance des endroits branchés à Montréal se limitait aux rues St-Denis au sud de Mont-Royal, Mont-Royal à l'ouest de Papineau, Ste-Catherine O. au Centre-Ville et St-Laurent au sud de Rachel. Combien de restos, de cafés, de terrasses, de théâtres, de musées, de parcs et de petites boutiques me restent alors inconnus ? J'ai donc décidé de me réapproprier Montréal d'une façon naïve mais efficace : en faisant du tourisme dans ma propre ville !

Mon travail d'écriture m'a offert l'excuse parfaite pour redécouvrir la ville. Je partais chaque matin là où l'inspiration du moment guidait mes pas. Une bonne marche automnalefais toujours monter au cerveau la sève créatrice. Lorsque que j'apercevais un petit café qui semblait offrir une ambiance propice à la création littéraire, j'entrais... Voici mes découvertes les plus récentes, bonnes et moins bonnes.

La lumière du Mile-End
214 Bernard Ouest, Mile-End

Petit café facile à manquer parce qu'il n'est marqué que par un vitrail étrange. Quelques tables de bois dans un espace tout petit mais pas étouffant. Le décor éclectique aux murs turquoises ornés de mosaîques et au plafond de tuile cuivrée à motifs géométriques fait un contraste étonnant avec la rue Bernard dehors, qui dans ce secteur a quelque chose de si triste !

Musique du monde, serveuse hippie, breuvages à prix modique : on est loin ici de la bohème embourgeoisée du Plateau ! Et le menu, végétarien, est fort créatif. On peut entre autres commander le sandwich Elvis, qui reprend la recette inventée par le King lui-même : beurre d'arachides, tranches de banane, (simili-)bacon !

Une grenouille dans la théière
5940 Saint-Hubert, Petite-Patrie

Un autre café, plutôt un salon de thé, facile à manquer vu qu'il n'est annoncé que par une étrange enseigne où figure une grenouille dans une théière. Le nom n'est pas écrit, il est illustré, ce qui m'a fort charmé. Le charme, par contre, s'est vite dissipé quand je suis entré. Le décor est des plus anodins. On se croirait dans un café de village. De plus, la musique est si inaudible que nous pouvons parfaitement entendre les conversations de nos voisin, ce qui donne une impression désagréable de promiscuité. Dans un café, la musique est importante ! Elle produit une filtre sonore qui permet d'être vu sans être écouté, de trouver son intimité dans un lieu public.

Mais le pire, le voici : mon yerba maté, qui m'a coûté 4.00$, plus un supplément de 50 cents pour le miel --- scandale ! --- consistait en une petite courge ne contenant qu'un quart de tasse d'eau chaude où flottait misérablement une petite pincée de brindilles de maté. Chiche ! Pour le même prix, au Camélia Sinensis par exemple, j'obtiens une courge remplie à craquer de brindilles de maté, et une bonne carafe d'un litre d'eau chaude. Et le miel est servi sans supplément !

Le Café des Bois
2296 Mont-Royal Est, Plateau-Mont-Royal

Un drôle de petit café, à la limite extrême-orientale du Plateau. Le décor est un mélange de cabine en bois et de bric-à-brac de globetrotter. À l'entrée, une sorte de perroquet, dans une cage entourée de plantes grasses, nous souhaite la bienvenue. Sur les armoires en bois sont accrochés toutes sortes de souvenirs de voyage, et un raton-laveur empaillé complète ce décor, ma fois, surprenant. À la stéréo, du vieux Bob Dylan.

Le cappuccino est ordinaire, mais il est servi avec le sourire. Et ce petit café, excentré et excentrique, a le mérite de n'être pas bondé et bruyant comme beaucoup de cafés sur St-Denis.

vendredi 6 novembre 2009

Voyage à Toronto


Que connais-t'on de Toronto à Montréal avant d'y être allé soi-même ? Sa réputation. On dit que c'est une ville sans caractère, sans culture et sans âme. Que son principal intérêt est la tour CN, ce piège à touristes. Mais un dandy qui se respecte se méfie toujours des vérités toutes faites ; je dirais même plus : des vérités pré-fabriquées ! J'ai donc voulu voir de mes propres yeux ce qui se passe à Toronto.

Du 30 octobre au 1er novembre 2009, je suis donc venu (à Toronto), j'ai vu, puis je suis revenu (à Montréal). Voici mes impressions les plus fortes de la métropole canadienne-anglaise :

- Toronto a la gueule d'une grande ville nord-américaine, beaucoup plus que Montréal.
- Toronto est une ville propre, et ses infrastructures urbaines sont mieux soignées qu'à Montréal, qui semble par contraste sale et décrépite.
- La densité de population est plus élevée qu'à Montréal, mais on s'y sent moins à l'étroit, entre autres parce que les trottoirs sont plus larges, les espaces publics plus nombreux et parce que les Torontois ont plus de tenue que les Montréalais.
- La pauvreté est moins visible dans le centre-ville de Toronto. Il y a aussi beaucoup moins de mendiants, et les mendiants y sont bien moins agressifs.
- Toronto est une ville réellement cosmopolite. Les Anglo-Saxons n'y sont pas en majorité et la mixité ethnique est plus grande à Montréal, parce que les Canadiens-Anglais, contrairement aux Québécois de souche, semblent ne pas avoir de complexes culturels ni de tendances xénophobiques.
- Un Torontois sur quatre semble venir d'Asie orientale, et le quart du centre-ville semble être un gigantesque quartier chinois. Même les noms de rue sont affichés en chinois !
- À Toronto, il y a plus de restos qu'à Montréal, mais moins de bars et de cafés.
- La majorité des cafés Torontois sont des Starbucks ! Donc, très peu de cafés de quartier qui ont du caractère.
- Derrière sa façade de grande ville propre, Toronto cache un culture underground bouillonnante. Il suffit de se promener dans Kensington Market ou sur Queen Street West pour retrouver l'ambiance d'un Plateau-Mont-Royal de la fin des années 90, avant son embourgeoisement.
- L'architecture torontoise est pleine de caractère. Je pense ici surtout aux maisons victoriennes de Cabbagetown et aux édifices publics de style néo-roman tels que le Old City Hall et la Ontario Provincial Legislature, avec leurs frises richement sculptées et leurs gargouilles nombreuses.
- Les Torontois manquent de style. Leur style vestimentaire est plus sobre mais moins élégant que celui des Montréalais.
- Les Torontois, par contre, son mieux élevés que les Montréalais. Cela se sent surtout sur la route et dans le transport en commun.

Voilà quelques observations sur les différences entre Toronto et Montréal. Mais LA différence la plus remarquable entre les deux villes, c'est la différence entre ses femmes ! Les Montréalaises sont sérieusement plus séduisantes que les Torontoises. Elles s'habillent mieux, s'arrangent mieux, ont un faciès plus délicat et un sourire plus félin !

jeudi 5 novembre 2009

Bienvenus, libres-penseurs

Bienvenus sur le blogue du Dandy. Pour votre plaisir mondain, vous trouverez ici des commentaires sur l'actualité, des critiques d'art, des chroniques hédonistes et toutes sortes de considérations intempestives destinées à divertir les libres-penseurs et à provoquer les bonnes gens bien-pensantes.